03 - l'étude d'impact
L'étude d'impact :
Rappel : l'étude d'impact est réalisée par le promoteur (lui même ou sous traité à une boite extérieure, quoiqu'il en soit, le promoteur est le seul responsable). Cette étude d'impact est obligatoire pour les projets d'une certaine envergure (en puissance ou en hauteur d'éolienne).
Cette étude doit présenter tout les aspects d'un projet éolien, de sa naissance à sa mort, tout doit être détaillé : l'impact sur la faune, la flore, le paysage, l'environnement, le paysage, l'économie locale, la santé sur l'homme, les aspects humains....
Cette étude est réalisée par thème, en général, un thème est sous traité par un consultant dont c'est le métier (paysagiste, biologiste, organisme divers...). Le promoteur est avant tout un investisseur, toute cette tracasserie l'insupporte. Nos promoteurs, vous le verrez, sont des gens très proche de la nature, proche de l'environnement et très soucieux de la qualité de vie de nos riverains, sans parler de la préservation de la faune et de la flore...
L'étude d'impact est un document conséquent, il faut prendre le temps de le lire de A à Z sans sauter d'étapes. Compter 2 heures pour le lire calmement quand c'est possible. En général, le maire qui est pour le projet fera tout pour vous distraire ou vous mettre des battons dans les roues. si c'est le cas, vous avez décroché un projet foireux impliquant au moins le maire. Si vous êtes hargneux, vous allez vite découvrir tout un tas d'irrégularités. Ce qui est atterrant, c'est que bien souvent, personne n'a lu ce document, pas même le maire !
Posez lui simplement la question, vous allez être surpris par la réponse !
Ne comptez sur personne, ne faites surtout pas confiance aux élus. Jouez à leur jeu, feignez l'indifférence.
A la première lecture, vous allez avoir l'impression que tout est parfait, vous allez même être d'accord avec ce projet. C'est bien écrit, c'est réalisé par des gens et des consultants sérieux, tout va bien, aucun risque pour la faune, la flore, aucun risque pour les habitants, des photomontages présentant des éoliennes invisibles des habitations. Bref, c'est merveilleux.
J'oubliais, quand vous avez lu une étude d'impact, les suivantes que vous lirez ont un goût de déjà vu, en réalité, l'Ademe (que l'on peut qualifier de "salope de la république", vous verrez pourquoi) fournit aux promoteurs quasiment des études d'impact "pré remplies"...
Une deuxième lecture s'impose, avec un oeil cette fois plus incisif. Il faut limite devenir parano et s'imaginer que tout ce qui est écrit dedans est bidon, vous allez vite vous rendre compte qu'il ne suffit pas de jouer le parano bien longtemps.
Et là miracle, cette belle étude va commencer à sentir la bouse. Il ne faut pas hésiter à sauter dedans, vous ne vous éclabousserez jamais, au mieux le maire en prendra pour son grade.
N'oubliez pas une chose, vous êtes citoyen, le maire a été élu par vous, il vous doit son pouvoir. Son autorité lui monte parfois à son petit cerveau, n'hésitez pas à lui rappeler ses obligations (information des populations, devoir de réagir pour le bien de la population et pas pour satisfaire à ses propres intérêts...).
Revenons à cette étude d'impact.
L'étude d'impact est la bible du promoteur, elle se doit être parfaite, et par défaut elle l'est tant que personne ne trouve rien à redire. C'est là où ca fait mal. Le commissaire enquêteur n'est pas là pour chercher les failles, c'est à vous d'enquêter ! C'est à vous de démontrer que l'étude d'impact et le projet sont bidons.
1) Notez le nom de la société et le nom du dirigeant, si vous arrivez à trouver son numéro de SIREN notez le aussi. Essayez de connaitre leurs réalisations précédentes. Ensuite faites une enquête sur ces boutiques, parfois vous allez tomber sur une .... simple boite postale. Vous apprendrez aussi que le dirigeant est parfois luxembourgeois, allemand, résidant dans un paradis fiscal. Vous apprendrez aussi que la dite société est une société bidon, filiale du groupe "tartempion" elle même filiale de l'ex groupe "bidule". Parfois ce sera tout simplement la filière d'un grand groupe pétrolier (Total, BP,... dont on connait leurs engagements dans la préservation de la planète...), ou un groupe dont l'activité principale est le pillage et le saccage environnemental. Tous ces promoteurs sont adulés par les écolos primaires et par les Verts. D'un côté on fait de la fausse énergie verte, de l'autre on détruit, on exploite, on saccage des ressources en toute impunité, et les Verts dans tout ca ? Les Verts n'ont aucun oeil critique, ils vont condamner Total pour pollution, ils vont aduler les éoliennes plantées sauvagement par la filiale de Total. Déprimant.
2) Ne pas se laisser impressionner par ce qui est écrit.
3) Relever un maximum d'information, de normes, et de résultats obtenus.
4) Exigez les plans d'implantations et les précontrats signés avec les agriculteurs, exigez les plans cadastraux. Parfois une ou plusieurs éoliennes sont très légèrement à cheval sur plusieurs parcelles, mais un seul agriculteur aura la galette. En général les éoliennes sont placées dans un coin de la parcelle, sinon le périmètre utilisé par l'éolienne est trop important et l'agriculteur devient réticent.
5) Vérifiez TOUT. Les organismes ou les "experts" qui ont traité les différents sujets sont payés par le promoteur et feront tout pour présenter quelque chose de positif, quitte à renier leur profession.
Etude faunistique et floristique :
Dans notre cas, l'étude faunistique et floristique a été réalisée par un universitaire, un type tellement intègre qu'il a créé sa propre boutique pour les promoteurs éoliens... on imagine alors le résultat. Une étude bidon, des études bâclées, aucune recherche, un périmètre d'analyse limité à 200 m des éoliennes, des visites sur site une fois par mois pendant 5 mois. Bref, même un stagiaire aurait fait mieux. Le pire, pour un soit disant "expert", il a volontairement ignoré une espèce protégée reconnue régionalement sur le site. Franchement, qui aurait remis en doute les études d'un universitaire théoriquement intègre ?
Etude acoustique :
Réalisée par un organisme indépendant comme l'Apave, organisme reconnu. L'étude a été du grand n'importe quoi, d'ailleurs, elle n'a même respectée la norme en vigueur. Là aussi, qui aurait remis en doute les analyses de l'Apave ? N'importe quel collégien aurait su établir un protocole d'analyse correct.
Etude paysagère :
Que dire d'une étude paysagère qui ignore tous les monuments historiques classés ? Qui estime que la végétation camouflera les éoliennes (la végétation = haies de 2 à 3 m de haut... éolienne = 100 m de haut dans notre cas situé le long d'une crête).
Les autorisations :
Etudiez également toutes les autorisations demandées et fournies (DIREN, EDF, GDF, TDF, France Télécom, Armée, Météo France...). Certains organismes demandent l'accord de tel autre, que le promoteur doit par lui même contacter. Et par miracle, parfois cette demande n'a jamais été faite !
Distances de sécurité :
Vérifiez toutes les distances de sécurité, vérifiez toutes les distances inscrites. Dans notre cas, les distances de sécurité n'ont pas été respectées, alors que l'étude d'impact attestait l'inverse !
Les photomontages :
Les photomontages sont aussi du grand n'importe quoi, vérifiez les angles de vues, les points de vues, cherchez les repères car souvent ces repères sont supprimés ou ils évitent de les intégrer dans la prise de vue. Les photomontages sont souvent réalisés de manière à ce que vous ne puissiez pas présenter un contre photomontage, d'ailleurs si vous en faites, ils vous traiteront d'avoir truqué vos photomontages. Jouez la carte des accusateurs en démontrant le trucage de leurs photos !
Ne laissez rien passer, vérifiez tout.
Vous êtes libre de photocopier l'étude d'impact (le maire peut en revanche vous demander de payer les photocopies), vous pouvez aussi prendre librement en photo les pages de l'étude d'impact, la loi vous y autorise. Certains maires feront pression en vous interdisant cela, ne vous laissez pas intimider, la loi est derrière vous, pas derrière le maire. Si la photocopieuse est au hasard en panne le jour où vous venez, signalez le sur le registre, c'est une obstruction à la procédure que le commissaire devra considérer ou rejeter...